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"BLOW
UP" (Italie) Janv. 00
Live
au "Forte Prenestino" (Rome - 18 décembre 99)
Le
concert débute avec deux musiciens à la guitare
et le troisième à genoux battant le rythme sur
une calebasse au son grave et sourd : on comprend d'entrée
que Double Nelson va naviguer en eaux troubles. Ils évoluent
sur scène comme s'il étaient emportés par
une lame de fond, changeant continuellement de rôle et
d'instrument : Gaze, chanteuse "droit dans les yeux",
ensorcelle le public avec son sourire de poupée alors
que dans son dos la trame sonore tissée par Pask et Kazi
s'épaissit. Puis le trio se resserre et leurs corps ne
font plus qu'un avec les sons, les murmures indistincts et les
samples d'outre-tombe. La voix, lorsqu'elle réussit à
émerger de ce magma, est déformée et obscure.
Les sons se marient sur des basses suffoquantes et des percussions
obsédantes, le tout créant un piège sonore
dont il est difficile de se libérer. Labyrinthiques et
impitoyables, les Double Nelson live exécutent des versions
qui se démarquent radicalement de leurs enregistrements
un rien claustrophobes (5 cd's en tout, le premier sorti en 1989...)
; Leur dernier album "Indoor" a été
enregistré la nuit en appartement - l'écouter c'est
un peu comme si on entendait le chant primaire d'une bête
mort-vivante. La prestation scénique du trio est bien
plus féroce, impétueuse et leurs assauts répétés
laissent le public littéralement abasourdi. La
majeure partie des chroniques écrites à leur propos
les comparent à une multitude de groupes ce qui confirme
le côté insaisissable de leur musique ainsi que
leur capacité à s'exprimer au travers d'une grande
variété de langages. Il est inutile de vouloir
résumer ces sons en une formule qui en donnerait l'essence.
On ne traite pas ici de satisfaction ni même de plaisir
mais plutôt de tension continue et de désir insatiable
: "La route est longue et le prom'neur est fatigué,
le prom'neur est fatigué..."
"UP
n°5" Sept.99
Rock
tribal/intelligent ambiant. Véritable OVNI dans le paysage
musical, ce trio nancéen poursuit sa quête de musique
hors norme entamée depuis 12 ans avec ce cinquième
album "Indoor" (les deux précédents
étant sur des labels US). Bruitiste n'est le terme exact
que pour enfermer ces trois zigottos dans une boîte précise
; libres, indépendants et méchamment personnels
seraient de meilleurs adjectifs pour qualifier leur mixture qui,
ici, évoque parfois les Residents 70's. Incantations sur
basses dub hypnotiques, collages, cut-up et dialogues surréalistes,
feulements indus-post-rock-gothic, chuchotements, les DN travaillent
la matière comme des sculpteurs de sons. Intenses, troubles,
violents parfois, mais jamais beaux et lisses comme de la pop.
De l'Anti-pop alors ?
"AQUARIUS"
(San Francisco) Mai 99
Voici
un post-rock" super déjanté et à fond
dans les basses qui fourmille de sons électrisés,
sourds et mats. Par moment, les voix ont les accents d'une PJ
Harvey trachéotomisée. Un album sombre, sinistre
et particulièrement unique. Il est en tout cas impossible
de comparer ce groupe français avec quelque groupe que
ce soit, de France ou d'ailleurs.
"PLOT" (Allemagne) Mai 99
Je
peux affirmer sans me tromper que je n'ai jamais écouté
quoi que ce soit qui ressemble, de près ou de loin, à
"Indoor". Ce disque débute par un morceau
centré autour d'une ligne de basse tordue, une rythmique
sourde accompagnés des râles d'un monstre tout droit
sorti de l'enfer auquel on aurait sectionné la gorge.
La basse et les percussions restent d'ailleurs omniprésentes
tout au long de cet album très sombre, presque malsain
mais étonnamment fascinant. Le tout est truffé
de bouts de samples, d'éclats sonores tendance indus au-dessus
desquels plane un esprit malin. Une véritable bande son
pour film d'horreur dont les images pourraient montrer des écorchés
vifs, de la soupe aux yeux ou des plats de viscères peu
ragoûtants. Un univers proche de films tels que "Liquid
Lunch", "Eraserhead" ou encore "Lost Highway".
Une ambiance pour fin de millénaire concoctée par
de monstrueux fous psychopathes.
"LIVE
XS" (Hollande) Nov. 99
La
prochaine fois que David Lynch veut faire un film à la
"Lost Highway" et qu'il cherche une musique qui va
avec les images, il ferait mieux de contacter Double Nelson.
Putain, comment ces trois francais peuvent faire un bruit épouvantable
; pas à écouter juste avant de dormir. Tout est
effrayant sur ce disque. Les méchantes lignes de basse
et les rythmes en boucles qui sont à la base des morceaux
paraissent se répéter indéfiniment comme
la machine infernale d'un savant fou. Dedans, dessus et dessous
il y a des samples : du vent qui souffle, des avions qui volent
à basse altitude, des inconnus criant et beaucoup plus
de trucs encore d'origine douteuse. Tout ce qui ressemble à
des voix est systématiquement déshumanisé,
trafiqué synthétiquement ou chanté comme
si les cordes vocales avaient été récemment
amputées. Les textes sont plutôt sans signification,
en tout cas dans les langues connues du monde civilisé,
ou ont été rendus incompréhensibles ...
Mais peut-être qu'on s'en fout de savoir de quoi il est
question ?
"LONGUEUR
D'ONDES"(Bordeaux) Fév. 00
Chez
Double Nelson on est passé maître dans l'art d'enregistrer
les B.O. virtuelles de jeux électroniques... déviants.
Chaque morceau représente un tableau où le fond
sonore accentue l'impression d'être le jouet d'une entité
centrale. Double Nelson tire les ficelles et inéxorablement
l'auditeur avance capturé par ce chant de sorcière
à la recherche d'une issue possible.
Mais désire-t-on réellement la trouver ? Car comme
dans tout jeu,
la fin signifie aussi l'arrêt du plaisir ...
"SKUG"
(Autriche) Déc. 99
Les
Double Nelson sont des anarchistes. Leur musique est unique,
elle n'appartient à aucune catégorie et reste assez
marginale depuis le début.
Les principaux ingrédients sont des lignes de basse simples
et monocordes, une batterie ou boite à rythmes qui gronde
comme le tonnerre et une collection indéfinissable de
voix et de bruits divers. De ce mélange naît alors
une atmosphère de champ de foire, voire de train fantôme,
mais attention, pas un train fantôme high-tech mais plutôt
l'un de ces trains avec un certain cachet où les wagonnets
rouillés et branlants circulent parmi des monstres en
carton pâte, le tout baignant dans la dérision la
plus totale. Les Double Nelson sont des nomades. Ils sont constamment
en tournée aux quatres coins de l'Europe et trimbalent
leur salle de séjour avec eux sur scène.
Pour enregistrer leur nouvel album "Indoor"
ils se sont pour une fois retranchés entre les quatre
murs de leur appartement à Nancy travaillant dès
la nuit tombée, casques sur la tête, toute lumière
éteinte. "Indoor" est au moins aussi
bon que les quatre premiers albums, mais, et ne considérons
pas ceci comme un désavantage, il sonne un peu comme un
jumeau du précédent "Le grand cornet".
Un peu plus de variété n'aurait peut-être
pas nuit ?
"JADE"
Mai 99
...Heureusement
que de Nancy souffle un concassage sans nul autre pareil, une
bourrasque séculaire, un tumulte de fin de chantier :
Double Nelson enlève tout sur son passage et pond la B.O.
sniffée idéale de toute virée nocturne.
"NOUVELLE
VAGUE" (Marseille) Juil. 99
Déjà
le cinquième album de ce trio nancéien hors du
commun avec une musique qui fait froid dans le dos. On y entend
de tout : des monstres, des samples, des murmures, des téléphones,
du synthé... Tout s'entrechoque pour créer un suspens
insoutenable. Inutile de vous dire combien il est difficile de
les étiqueter ou d'essayer de décrire leur musique.
C'est peut-être ça aussi qui fait qu'on les retrouve
chez Pandemonium (label indépendant marseillais extrêmement
actif et orienté musiques inclassables). Cependant si
on veut à tout prix les rapprocher de quelqu'un, on peut
se risquer à dire que c'est un mélange de Tom Waits
mais en beaucoup plus noir et rock, Treponem Pal, Ulan Bator
et Salaryman. Avec une quinzaine de morceaux plutôt courts,
ils enchaînent ambiances, atmosphères indus et morceaux
plus calmes, comme des ébauches, une succession d'intros
qui trouvent leur unité au bout du compte. Le résultat
est étonnament métallique et organique à
la fois, presque viscéral. Ce disque semble avoir été
fait pour servir de B.O. à un film de David Lynch.. Hum
!
"491"
(Lyon) Avril 99
On
dira de Double Nelson que c'est vraiment le type de groupe qui
cultive sa différence créative et ceux qui les
ont vus sur scène comprendront aisément de quoi
on parle là-dedans... Si bien sûr ils ont pu résister
à la déferlante ultra-saturée, leur univers
sonore, tout en nuances atmosphériques, en appelle à
votre intérieur pour créer un trouble auditif et
au-delà. Fréquences et bruitages fusionnent dans
l'ombre pour vous suggérer quelques histoires où
les mots sont impuissants. Samples et calebasse font le ménage
façon tribale pendant que les voix trafiquées travaillent
l'étrange au corps ; restent les basses qui viennent vibrer
dans le bide sans crier gare. Des machines et des hommes et jusqu'à
la fusion. Alors Double Nelson mais Attention dans le ????? en
sens inverse.
Ça
fait du mal là où il n'y avait rien.
"DETOURS
ET DES NUITS" (Tours) Juil. 99
On
vous parle régulièrement de ce génial trio
nancéen dont les prestations chevauchent rock spontané,
foutoire créatif et happenings joyeusement bordéliques.
Voilà plus de dix ans que les Double Nelson sèment
un peu partout en France et en Europe les bruyantes bribes bruitistes
de leur univers délirant composé de machines aléatoires,
de grincements électriques et de monstres chuchotants.
Autant vous dire que même si on ne comprend pas tout (et
eux-mêmes, comprennent-ils vraiment ce qu'ils engendrent
?), on ne s'ennuie pas (et eux encore moins, c'est sûr).
Si un "concert" des Double est une chose (jamais sur
scène un groupe ne m'aura autant estomaqué), explorer
un de leurs albums au casque (si possible un peu allumé
et vers les 3 heures du matin) en est une autre. Une véritable
météorite de jubilation ne ressemblant à
rien de connu. Vous allez voir, ça surprend un peu au
début. Après aussi d'ailleurs. Bref, ruez-vous
sur le foisonnant "Indoor". Vous découvrirez
l'époustouflant travail d'un très grand groupe
français, bien trop modeste pour se prendre au sérieux.
"SDZ"
Janv.
00
Les
nancéens nous reviennent avec un album une fois de plus
intriguant et surprenant. Leur approche de la musique n'est finalement
pas si éloignée des expérimentations des
angevins de Hint. Pourtant ici pas trop de bricolos avec des
machines mais plutôt la création d'ambiances assez
cinématographiques, hallucinées, dérangeantes
et subtiles. Il y a une grande intelligence dans la musique des
Double Nelson et même si ce disque reste assez difficile
d'accès, on comprend pourquoi ce groupe bénéficie
d'une reconnaissance internationale.
"GATO
NEGRO" (Grenoble)
Mai 99
Et
revoilà nos nancéens déjantés, trois
énergumènes à la personnalité attachante
et à la verve communicative. Chaque fois, leurs mondes
peuplés d'étranges bestioles intriguent toujours
plus. Ils vivent en marge et complotent un plan lucide pour nous
envoûter et nous faire avouer qu'ils sont uniques et sans
parti pris si ce n'est celui de leurs convictions profondes :
jouer sur scène et proposer un spectacle total, tant dans
le visuel qu'auditif. Surprendre l'auditeur est un art chez eux
et je puis vous assurer qu'ils sont bien seuls dans cette position
en France. Et alors peu importe puisqu'années après
années (douze ans déjà), Double Nelson nous
assène encore cette sincérité et cette originalité
qui les distinguent de certains de leurs contemporains. Voilà
donc un mix étrange
de sons électroniques, de rock, d'afro-blues, de voix
trafiquées.
Une société à part dans un monde formaté
par les médias.
"VOX"
(Marseille) Mai 99
Leur
récent album "Indoor" place ces nancéens
au premier plan des expérimentateurs sonores. N'ayant
plus rien à prouver dans un répertoire déliro-punk,
leur musique est devenue lente et organique avec des squelettes
électro et des atmosphères hypnotiques où
on ne reconnaît ni voix, ni instruments. Une devise : "la
musique n'est rien
si elle ne vous rend pas fou".
"LONGUEUR
D'ONDES" (Bordeaux) Mai 99
Phénomène
musical inclassable par volonté, le trio Double Nelson
décline depuis plus de dix ans un univers fantasmagorique
autant sur scène que sur disque. Une sphère décalée,
aussi intransigeante qu'intuitive, emplie de songes comme de
cauchemars. Le "rock" le plus fou de l'existence !
"ROCK
SOUND" Mai
99
Imperturbables,
absolument infidèles aux lois du marché ou du marketing,
les Double Nelson filent leur petit bonhomme de chemin depuis
maintenant douze ans. Ainsi parvenir à étiqueter
la musique du trio nancéen est une lourde gageure. Passée
la première écoute de ce disque où fourmillent
les trouvailles mais aussi les impasses, on laisse tomber d'emblée
pour l'étiquetage, tant il est vrai, qu'à l'aube
de titres aussi jobards que "Report" ou "Ready
Made", la musique des Double Nelson serait plus aisément
comparable aux délires bruitistes d'un John Zorn (quand
il s'attèle à réaliser ces fameuses B.O.
de films indés japonais) ou même de Sonic Youth
par moment. Prenez l'archétype de la bonne chanson pop
de trois à quatre minutes, c'est globalement tout ce que
l'on ne trouve pas dans un disque de Double Nelson ; on se laissera
plutôt enmener par d'étonnantes séquences
de sons, de bruits et d'humeur. On essaiera donc au maximum d'oublier
ses propres références au rock,
à la techno ou au rap avant d'aborder ce disque dangereux,
mais planant.
"CAFZIC"
(Mont-de-Marsan) Oct. 99
Si
vous n'aviez jamais vu en direct live un combat de monstres sortis
tout droit de films d'horreur... eh bien, croyez-moi si vous
le voulez, avec Double Nelson vous êtes servis. Les ambiances
graves et inquiétantes et les rythmiques épileptiques
sont autant d'invitations à l'hospitalisation d'urgence
pour problèmes de coeur que pour des difficultés
de digestion. Double Nelson qui s'est mis au mélange machines
et guitares avant tout le monde développe un son malsain
et envoûtant, mais dîtes-moi quelle est cette secte
étrange ? Probablement la même que les Young Gods,
Tom Waits, Bästard et autres agités du bocal que
le groupe a dû croiser lors de leurs lointaines tournées
en République Tchèque, Suisse, Hollande, Italie,
Hongrie, Allemagne ... pour plus de 400 concerts, 10 ans de vie
commune et 5 albums dont deux aux USA.
"MAGIC"
Mai 99
...Les
Double Nelson mélangeaient leurs guitares aux machines
avant que ça ne devienne assez banal. Les choses ont beaucoup
changé, forcément mais les Double Nelson ont continué
à jouer de la musique sans plus se soucier d'impératifs
commerciaux, en oubliant le concept de chanson et en abandonnant
les voix (du moins sous une forme traditionnelle). Déjà,
sur leur dernier album, leur son ressemblait à une tribu
de lutins cavernicoles plus ou moins sympathiques. Le vrai fil
conducteur de ce nouvel album, et souvent sa seule ligne mélodique,
est un son de basse aux échos aquatiques, sourd et rebondissant.
Sur ces bases, ils greffent des boucles sales et malignes (bonjour
les Residents), pillent les sons du quotidien (de la ponceuse
à l'avion) traités de façon nocturne, menaçante
et ludique. Le rock, ou tout au moins son esprit, n'est jamais
loin, mais paradoxalement, pour colorer l'austérité
apparente de cette musique, ce qu'il manque maintenant c'est
de renouer avec l'instinct mélodique qu'ils possédaient
à leurs débuts.
"LIVE
IN MARSEILLE" Août
99
"Mange
Mange Mange"
Après avoir acheté le dernier Double Nelson (sorti
chez Pandemonium, et que j'aimerais bien recupérer) et
les avoir vu en concert au Balthazar (quel choc scénique),
je regarde un peu plus attentivement dans la rangée des
D chez les bouquinistes, et là c'est Delta Loisirs (Cantini)
qui soldait un paquet de ses disques. Et parmi les 10 disques
je trouve le premier ? des Double Nelson 1992. Toujours une déco
remarquable pleine de monstres et de feu, mélangeant allègrement
2D et 3D, et une musique bruitiste, mais peut-être plus
conventionnelle que les suivants donc plus accessible on va dire
(sans arrière pensée) et tout aussi noire. Des
rythmes plus rock, plus de textes compréhensibles, mais
qui n'ont pas forcément un sens cependant. Si vous le
trouvez d'occaze, essayez le (inclus quelques "tubes "
qu'ils ont joués lors de leur dernier passage a Marseille
...)
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